4 coloc et un poisson rouge

Les aventures de 4 colocs qui se frayent tant bien que mal un chemin dans la vie

30 décembre 2006

Florian 4

Florian



        J'ai entendu Lou repasser à l'appart en fin de matinée. Elle a déposé quelque chose avant de repartir à la fac. Je préparais une version anglaise à rendre pour le lendemain. Un texte de David Lodge. En passant rapidement à la cuisine prendre un morceau de pain, j'ai vu un bocal. Un bocal ? Je me suis approché. Elle avait mis un mot à côté du poisson rouge qui tournait de façon agitée dans sa boule.
"Accueillez Maurice. Il paiera sa part du loyer, no panic. C'est pas un coloc bruyant à la différence de certains... A ce soir"

Maurice ? C'est complètement con comme nom.
-Bienvenue Bubulle !

Posté par doidepou à 18:16 - à l'appart - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


29 décembre 2006

sophie 3

Sophie



    Je suis passée en coup de vent dans le salon pour attraper mon sac de cours et  partir à la fac, tenter de suivre les cours de l'après-midi. Il y avait quelque chose sur la table. Sûrement le dernier achat de Lou qui est passée à l'appart vite fait pendant que j'étais sous la douche.

Posté par doidepou à 18:16 - à l'appart - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

26 décembre 2006

Lou 3

LOU


Sophie est rentrée au milieu de la nuit, un peu bruyamment. Je crois que c’est Florian qui s’est levé pour s’occuper d’elle, et ramasser le bordel qu’elle avait mis dans le salon en essayant de trouver la cuisine. Elle avait du boire un peu. Enfin, elle avait dut boire chez Lucie, car même dans le noir, la cuisine est facile à trouver en longeant les murs.

Non, je maintiens que Florian est un type bien. Se lever pour s’occuper de sa coloc à 2h du mat, peu de mec l’aurait fait.

 

Je suis partie à la fac alors que tout le monde émergeait encore à l’appart. Florian avait besoin de récupérer un peu après une nuit agité, Sophie se traînait une sacrée gueule de bois. Elle a avoué à Florian que la soirée chez Lucie s’était finie au gin et à la vodka. Et Enek… bah Enek s’est accordé une grass’ mat’ parce que… Parce qu’il en avait envie.

J’aimerai que l’on note cette situation pour démentir la rumeur « les étudiants en lettres sont de glandeurs » : Non, les étudiants en lettres ont du travail perso aussi.

 

Paf, cours de littérature française annulé. Ok, les étudiants en lettres en font peut être un peu moins que les autres. Sur ce, Amélie m’a prié de l’accompagner à la jardinerie en bordure du quartier. Elle voulait acheter des graines pour une plantation de balcon. Moi, sur le principe, no problème. Pendant qu’elle farfouille dans le rayon des graines, je vais traîner du coté de l’animalerie.

Flânerie du coté des chiots, je passe devant les oiseaux qui piaillent comme des dingues, et j’arrive devant les poissons. Les poissons tropicaux et les vulgaires poissons rouges aussi. C’est là que j’assiste à une scène. Un papa, avec son fiston d’une dizaine d’année, tient un sac plastic transparent, où une poiscaille totalement affolée se heurte aux parois. Et le papa, il est pas content du tout du tout.

-Comment vous ne pouvez pas le reprendre ? C’est mon fils qui l’a acheté avec son argent de poche, il ne se rendait pas compte de l’investissement que ça demandait !

-On ne reprend pas les animaux monsieur.

-Ce poisson n’a même pas de bocal, pas de nourriture à la maison ! Il va passer sa vie dans un bocal à confiture ! Dite que ça vous est égal ?! Ma femme refuse que notre fils garde l’animal à la maison. Si vous ne le reprenez pas, il partira dans les WC.

-Je suis vraiment désolé, mais je ne peux pas reprendre le poisson.

 

 J’ai hésité 30 secondes avant d’aller voir le trio, le gamin en larme derrière son père.

-Je vous le prends. Et vous me faite un petit prix pour un bocal ?

Posté par doidepou à 17:16 - à la fac - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

19 décembre 2006

message de pause

Juste un peu de patience mes chers lecteurs, semaine très chargée avec dossiers à boucler et à rendre.... Vous promet des nouvaux articles dès la semaine prochaine...
Avec votre compréhension ;-)

Posté par doidepou à 10:46 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 décembre 2006

Eneko 3

Enek

 

Le dernier cours de droit pénal a paru durer une éternité. En plus j’ai eu droit à une belle averse, juste au moment où je sortais de la fac. Je me suis pris la flotte sur tout le chemin et je suis arrivé trempé à l’appart, avec un jean qui collait à la peau et mes cheveux plaqués sur le front, j’avais l’air d’un vieux clebs.

     Mais même en vieux clebs, mon sex appeal ne s’éteint jamais ! Sur le chemin, une demi douzaine de nanas m’a souri derrière leur parapluie.

     Ah ! j’ai trop les crocs en arrivant sur le palier et une super odeur s’échappe de la cuisine. Ouah, Florian en cuisine, c’est plutôt un bon plan !

-Qu’est-ce qu’on grignote ce soir ? je demande en m’ébrouant dans l’entrée.

-On attend que tu te changes et tu nous rejoins dans le salon, me répond Florian.

-Pourquoi je me change ? On dîne vite fait, je me changerai après.

-Non, tu pues le chien mouillé, rétorque Lou depuis le canapé.

-Ma chérie ! Tu es rentrée ! Comment s’est passée ta journée ?

-Va passer un jean sec et un T-shirt, on passe à table.

-Yes Mum !

     A l’appart on mange tôt, dès que tout le monde est réuni, ça permet à chacun de bosser ou ressorti le soir et d’avoir quand même passer un moment ensemble.

     Je découvre la table recouverte d’une toile cirée, trois assiettes, trois verres et pas de couverts, les volets baissés malgré le jour encore présent.

-Tiens, Sophie nous boycotte ce soir ?

-Tout le monde s’assoit, ordonne Florian, et j’éteins la lumière.

-Un repas dans le noir ? s’étonne Lou. Original…

     Portes fermées, Lou et moi nous asseyons à côté, Florian éteins la lumière et à tâtons pose un plat au milieu de la table. Il s’empare d’un couteau et je l’entends couper trois parts. Je dois avouer que son idée est sympa. Le repas sans les yeux, c’est totalement différent. Le goût, les sensations… Je redécouvre le parfum de Lou à côté de moi… Flo nous explique sa recette (il ne faut pas mettre le jus de la tomate, et le goût se marrie très bien avec le jambon !), Lou nous raconte sa journée, je sors quelques vannes. Sur le fond, rien ne change, mais plusieurs fois la main ou la jambe de Lou me frôle par hasard, et ça, ça n’arriverait pas en pleine lumière. Ni elle ni moi n’émettons le moindre commentaire.

     Au bout du quatrième verre d’eau renversé, Florian nous autorise à rallumer la lumière et nous découvrons le chantier. Miettes, flaques d’eau, ce sera vite nettoyé mais ça fait désordre !

-Eh Lou ! Demain, c’est toi qui m’invite à déjeuner !

Posté par doidepou à 22:43 - à l'appart - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

08 décembre 2006

Florian 3

Florian

 

 

J’ai trouvé une idée pour les repas de la semaine. Ce sera repas dans le noir, et sans couvert. J’ai pris l’idée dans un magazine féminin, mais adaptée à ma sauce. Et ce soir, en rentrant de cours, je suis passé au supermarché faire mes courses rapidos, entre un môme qui braillait qu’il voulait des malabars et une mamie qui ne trouvait pas sa monnaie. Et le repas ce fera volets fermés et toile cirée sur la table !

 

Après mes péripéties superettiennes, je me suis mis aux fourneaux quand Lou est arrivée à l’appart en balançant son sac sur le canapé.

-Florian !

-Hum.

-Quelque chose ne tourne par rond !

-Quoi ?

-Enek a été gentil ce midi…

-Tu as vu Enek ce midi ?

-Il m’a invité à manger. Et il a été gentil !

 Je lâche ma cuillère en bois qui tombe dans le saladier. Ce genre de chose qui m’énerve, aller repêcher un ustensile de cuisine tombé dans la pâte, dans la sauce ou dans tout autre liquide visqueux. En l’occurrence, ce soir je prépare un cake jambon tomate. Mais un cake, avant d’atteindre son noble état de cake passe par une phase liquide, visqueuse, où ma cuillère flotte joyeusement.

-Enek t’a invité à manger… je reprend en retirant le baigneur souillé.

-Florian, si tu me sors qu’il me fait un plan drague, je te fais bouffer ton… ta… la chose que tu prépares !

-Je n’ai jamais dit ça…

 Un moment de silence.

-Sophie ne rentrera pas ce soir, je crois qu’elle n’a pas le moral, elle est chez Lucie.

-Elle me laisse seule avec vous deux ? Tu nous prépares quoi pour le dîner ?

-Surprise…

Posté par doidepou à 20:13 - à l'appart - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

05 décembre 2006

Sophie 2

Sophie

 

Coup de déprime, je n’irai ni pas au sport ce soir. Je vais aller passer la soirée chez Lucie histoire de papoter entre fille. Lou est très sympa, mais on ne discute pas vraiment toute les deux à l’appart. Je la laisse en pâture aux deux hommes de la maison. En plus c’est Florian qui cuisine ce soir. Je ne pense pas qu’elle souffrira longtemps !

 

 Lucie a ouvert une bouteille de cidre. Nous l’avons descendu en gloussant comme des dindes. Quand elle a débouché la deuxième, nous n’avions plus besoin de grand-chose pour nous faire partir dans un fou rire totalement hystérique. La soirée fut dédiée au grand thème du « les mecs, tous des cons », Lucie sortant d’une relation plus que chaotique.

-Et comment ça se passe avec vos deux hommes à l’appart en ce moment ?

-Eh bien, faut les gérer.

-Les dresser tu veux dire, pouffe Lucie en attrapant la bouteille qui menaçait de tomber de la table après un coup de coude intempestif sur la table basse.

-Les dresser oui ! Eneko a du mal à intégrer les principes de base de la coloc mais on a bon espoir qu’il prenne exemple sur l’autre mâle.

-Florian s’en sort mieux ? Il trouve grâce à tes yeux celui là ? s’étonne Lucie.

-Ah, Florian, notre Floflo, c’est un amour !

-Pourquoi ? Il ne squatte jamais la salle de bain ?

-Si si , mais… il est plus sensible, à l’écoute des autres, ce qui est un atout pour lui avec deux nanas qui râlent beaucoup.

-Ouais, il doit être homo.

-Mouais, je sais pas.

Posté par doidepou à 20:00 - chez les amis - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

01 décembre 2006

Lou 2

Lou

 


     Quand Enek m’a fait son speech, je n’ai pas pu m’empêcher de pense au vide sentimental contre lequel je me bat depuis ma dernière rupture. Ce petit arrogant de coloc touchait une corde sensible, il en était conscient, mais il ne savait pas à quel point. Alors quand j’ai marqué le coup par mon silence, il s’est senti con. Et il est redevenu le type charmant que je supporte à l’appart. Nous sommes allés déjeuner au Ru, au milieu du brouhaha, il m’a raconté quelques vannes, des aventures de son expérience de barman cet été dans le café de son oncle, il m’a fait parlé comme si ça l’intéressait, et je me suis prise au jeu de la discussion sans intérêt. Une discussion entre copains. A la fin du repas, en déposant nos plateaux, il m’a tenu par l’épaule le temps que nous arrivions dans la rue, et nous sommes repartis chacun de notre côté, à nos études respectives en marmonnant un « à ce soir à l’appart ».

     Ce n’était donc pas un plan drague, mais simplement une forme d’excuse pour ce matin. C’est du moins ce que je veux en retenir. Amélie était persuadée du contraire.

-T’as les yeux bandés ou quoi ?

-C’est peut être ça, mais il y a tout un tas de raisons qui font que c’est comme ça que ça doit être. Ça ne passerait pas à l’appart si il devait y avoir une relation. Et puis il n’y a pas de sentiment, ni de son côté ni du mien.

     Amélie me regarde avec un sourire lourd de sous entendu.

-Amélie, tu rajoutes le moindre commentaire, tu te débrouilles toute seule pour le dossier de littérature médiévale !

-Très bien, très bien.

 Nous entrons dans la salle de cours quand je l’entends me glisser à l’oreille :

-Tu te voiles quand même bien la face…

-Amélie !

Posté par doidepou à 09:25 - à la fac - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1