27 septembre 2007
Eneko 10
Eneko 10
Euh… Pour ma défense… Eh bien, l'idée des pétales de roses, c’était pas vraiment mon idée. C’était celle de Julien. Et j’ai pas vraiment réfléchi.
J’ai pris un sac poubelle, et j’ai remis la chambre de Lou en état, pendant qu’elle papotait dans la chambre avec Sophie. Le coming out de Florian m’a scotché. Merde, on a un PD en chair et en os à l’appart !
-Florian ?
-Yes ?
-Dis moi, ça fait combien de temps ?
-Que quoi ?
-Que t’es branché mec.
-Quelques années.
-Ah ouais. Et tes parents le savent ?
-Non. Ma petite sœur est au courant par contre.
Après un silence, je me tourne vers lui.
-Nan mais sérieux, tu veux dire qu’une belle paire de nibards, ça te fait pas rêver ?
-Non.
Florian se retient de rire devant moi, je le vois bien.
-Non, mais vraiment… une super belle poitrine ? Avec tout ce qu’il faut ?
-Une chute de rein, des tablettes d’abdos, des pectoraux. Ça, je kiff.
Je soulève mon T-shirt et contracte mes abdos. Je suis pas mal gaulé. Je regarde Florian.
-Et moi ? je suis comment ?
-Pardon ?
-Pour un homo, je suis bandant ?
-Enek, t’es vraiment pas classe quand tu t’y met. Laisse tomber.
-S’il te plait, Florian…
Il me jette un regard puis ses yeux balayent mon torse. Je fais un tour sur moi-même. Il reste silencieux.
-Quoi ? Je suis pas à ton goût ?
-Pour moi, t’es comestible.
Comestible ?
-Et c’est tout ? Si j’étais homo, tu me proposerais pas un rancart ?
-Enek, je refuse d’avoir ce genre de conversation avec toi. T’es mon coloc.
-Mais merde ! C’est un handicap ici d’être un coloc ? Je peux pas embrasser la fille que je veux parce que je suis son coloc, je peux pas savoir si un copain me trouve bandant, parce que je suis son coloc…
-Enek, t’es vraiment un con.
-Merci.
-De rien.
-Mais un con, pas mal du tout. Si un jour tu veux…
-Non, non … c’est bon, je voulais juste ton avis.
16 septembre 2007
Lou 10
Lou
Ai tiré un trait sur cette histoire débile avec Enek. Ai déjà tout oublié. Comme ça… Sans aide… avec un peu d’alcool. Et une copine. Après avoir dédramatisé la situation dans quelques mojitos chez Amélie, tout devient plus clair. Rien à attendre de lui, rien à me reprocher, aucun péril en la demeure.
Bref.
J’ai dare dare filé rencart à mon artiste de petit ami pour une séance… artistique. Il y avait un peu de tragédie à la grecque quand je me suis jetée dans ses bras. Oh mon Ulysse !
Du coup, paf, on a fini dans son lit. Du coup, paf, j’ai vraiment tiré un trait sur Enek.
En fait, c’est quand j’ai repris contact avec le monde réel que ça m’a fait un peu mal. Le coup de l’amoureux transit, déjà, à la base, ça peut faire peur. Quand en plus cet amoureux transi habite dans le même appart… ça peut même faire des dégâts. On imagine la scène s’il vous plait… :
- Mon lit.
- Mon bureau.
- Mon armoire.
- Des pétales de roses.
On agite le tout, et on obtient l’état de ma chambre quand je suis rentrée le soir à l’appart. Je dois avouer que j’ai eu du mal à trouver les mots. Un, pour ce qui avait été fait. Deux, pour mes deux crétins de colocs qui avait laissé faire l’abruti de premier coloc. Trois, pour savoir comment j’allais remettre ma chambre en état. Après une bonne dizaine de minutes d’hyper ventilation, j’ai organisé un plan d’action. Je suis allée m’installer dans le canapé. Florian dans la cuisine en compagnie de Sophie, en train de feuilleter un magasine en pouffant de rire. Enek le coupable, terré dans sa chambre.
-Réunion de guerre ! j’ai crié.
Les deux ont lâché leur magasine, le cupidon empoté a sorti son nez timidement.
-Tout le monde dans le salon, j’ai répété.
Tout le monde s’est mis en place autours de moi.
-Florian, tu peux disposer. Sophie ? Tu m’acceptes dans ton lit cette nuit ? Ma chambre va être ponctuellement indisponible ce soir. Enek doit faire des travaux de remise en état.
Silence. Florian sourit. Sophie m’ouvre la porte de sa chambre. Enek pique un fard et fixe ses pieds. Je me lève et vais à la cuisine. Je regarde le magasine laissé en plan. Têtu. Enquête : Comment avoir une bombe sexuelle dans son lit. Débat : pour ou contre l’homoparentalité. Un magasine gay ?
-Euh Florian ? C’est à toi ?
-Eh bien… c’est clair que c’est pas à Enek…
-Bon. Bon. Je vais aller me coucher moi. Trop d’émotion, tue l’émotion…
07 septembre 2007
Sophie 10
Sophie
Louper un rancart à cause d’une fourmi. Faut le faire. Nan mais franchement ! Faut le faire. Va expliquer ça à un mec en plus. Au choix. Je passe pour une folle. Ou pour une mytho. Ou pour une fille à l’imagination débordante. Je rallume mon portable. 3 nouveaux messages.
20h12 « je suis là, je t’attends près de l’église »
20h24 « Perdue ? En retard ? »
20h35 « Une autre fois alors… »
Et il est 21h43
Oh merde, merde et merde again ! Bon. Je l’appelle.
2 sonneries.
-Allo ? (voix masculine un peu rocailleuse dans le style je viens de me lever)
-Euh… (zut, je sais toujours pas son prénom). C’est moi. La fille en retard.
-Ah.
-Je te dérange ?
-Je bossais mes cours.
Il y a un petit blanc des deux côtés du combiné.
-Bon écoute, si je devais te dire la vérité, je sais pas pourquoi je passerai alors on va rester dans le vague. J’ai complètement oublié notre rendez-vous.
-J’ai vu ça.
Un autre blanc.
-Je… Tu t’appelles comment ?
-Samuel. Et tu es ?
-Sophie.
Sophie la niaise qui préfère les fourmis à la compagnie d’un mec qui s’appelle Samuel.
-Sophie ? Sagesse ? Qu’est ce que tu fais demain à la même heure ? Ton portable branché ?
Et en plus il n’est pas rancunier. Bingo !
17 juin 2007
Florian 10
Florian
Hum… Sophie est sur Internet depuis deux heures, et d’habitude, c’est pour aller sur MSN… Mais là… Bon j’avoue que je comprends pas tout.
-Sophie ?
-Moui ?
-Tu en as pour encore longtemps sur l’ordi ?
-Moui.
-Euh… t’es pas sur msn ?
-Non, je surf.
-Justement, à ce que j’ai pu voir… tu surfes sur…
-Sur des sites de myrmécophiles.
-Oui. C’est nouveau cette passion pour les fourmis ?
-Je suis tombée par hasard sur un blog de passionné, et j’ai creusé un peu sur le sujet.
-Ah. Bon.
Je crois que je ne comprendrais jamais les filles. C’est pour ça que je préfère les mecs.
Plus tard dans la soirée. Toujours sur les fourmis.
-Sophie ? C’était pas ce soir ton rendez vous avec ton inconnu ?
-Oh putain Florian ! Merde, j’ai zappé. Merde mon portable était éteint…
-Euh… et tu avais rendez vous à quelle heure ?
-Il y a une heure et demi.
-Bah à mon avis il est plus là…
-Je déteste les fourmis.
-Oui, au moins.
25 avril 2007
Sophie 9
Sophie
Je me suis allongée sur mon lit, le papier avec le numéro de portable dans la main, mon téléphone de l’autre. Un texto court. Simple. Je lui propose un verre en ville ? Je lui demande son prénom ? Je reste sobre ? Extravagante ?
« Salut, je suis la fille en retard de l’autre jour. Si on se revoyait plus au calme ? Donne moi tes disponibilités ? »
Envoyé. Envoyé ! Eh eh eh !! Qui ne tente rien n’a rien !
Réponse une heure après.
« Charmé de ton message. Jeudi soir 20h près de l’église Saint Maurice ? »
Charmé ! Il est charmé ! Je suis donc charmante ?!
« ça marche pour moi »
Enek rentre en claquant la porte. Lou ne lui adresse plus la parole, on dirait que quelque chose couve, et ça ne va pas tarder à exploser.
-Enek ? C’est ton tour de cuisine !
-J’ai pas d’idée, ça sera des pâtes sauce tomate.
-Je préférais quand c’était Florian aux fourneaux.
-Pourquoi vous êtes toutes les deux folles de Florian ?
-Il respecte nos règles.
-Vos règles ?
-Il est attentif et nous laisse la salle de bain quand on est à la bourre. Ce qui n’est pas ton cas.
Je rigole devant l’incompréhension d’Enek.
-Tiens, je te donne une chance pour remonter dans mon estime. D’après toi, je mets quoi pour mon rendez vous ?
-T’as un rendez vous ?
-Un inconnu, jeudi soir.
Enek lève le bras en signe d’abandon et part dans sa chambre, l’air dépité.
22 avril 2007
Florian 9
Florian
J’ai dit à Sophie que j’aimais les hommes. C’est plutôt bien passé. J’aurais pensé que je l’aurais dit à Lou en premier, mais vu les circonstances, la littéraire se fait plutôt discrète à l’appart. Quand je suis parti de l’appart ce matin, je l’ai croisé très vite sortant de sa chambre, elle n’avait visiblement pas envie d’évoquer sa soirée. Pas de nouvelle, bonne nouvelle ?
Sophie prenait son petit-déj quand je suis entré dans la cuisine.
-T’as appeler ton charmant inconnu ?
-Non ! J’ai résisté ! Mais je vais le faire très bientôt.
-Lou t’a parlé ce matin ?
-Non, pas un mot. Tu crois que je devrais aller parler avec elle ?
-Non, elle viendra nous en parler quand elle voudra.
Sophie finit son bol de thé et il lui vient un petit sourire sur le visage.
-Alors comme ça… le coiffeur près de la fac te plait… ?
-Tout à fait mon style, mais il est pas de mon bord.
-Comment tu le sais ?
-Sa copine vient le chercher à 19h le soir.
-Ah oué. Pas de bol.
J’ai dit ça pour qu’elle me foute la paix. Il n’a pas de copine. Du moins, je ne l’ai jamais vu. Et mon sixième sens de gay, j’ai l’impression qu’il est plus branché mec que nana…
09 avril 2007
Sophie 8
Sophie
Ambiance tendue avec notre amoureux transi. J’avoue que j’ai du mal à comprendre son comportement… Enfin, je fais confiance à notre Don Juan, il se sortira de cet épisode la tête haute. Tant qu’il ne touche pas à Lou, je suis prête à le laisser faire ce qu’il voudra. Mais qu’il ne fasse pas de mal à Lou. On a l’impression que la petite littéraire est forte comme ça, mais j’ai passé des soirées à sécher ses larmes à cause d’un pauvre type qui lui en avait fait voir de toutes les couleurs. Alors qu’Enek ne soit pas un nouveau briseur de cœur.
…
Je l’appelle ? Non ! J’attends au moins deux jours. Ou un jour et demi. Au moins demain. Et qu’est ce que je vais lui dire ?
-Florian !
-Nan, Sophie j’essaie de bosser.
-Juste un conseil ! Qu’est ce que je peux lui dire si je l’appelle ?
-Tu lui dis ce que tu veux, je ne suis pas à ta place, je ne le connais pas.
- Moi non plus je ne le connais pas.
Florian pousse un soupir et pose son stylo.
-Sophie, je ne peux pas m’occuper de tous les problèmes de cœur de l’appart. S’il te plait.
Je m’assois sur son lit. C’est vrai qu’entre Lou et Enek, je n’ai peut-être pas besoin de venir le soûler avec mon bel inconnu.
-Et toi, mon cher ? Au niveau de ton petit cœur ? Tu ne nous as ramené personne depuis la rentrée. Pourtant je dois te dire que dans la promo, il y a quelques nanas qui te tomberaient facilement dans les bras.
Il se replonge dans son bouquin.
-Tu n’es pourtant pas si timide que ça d’habitude ?
-Je ne suis pas timide.
-Alors va en voir une. Marion, elle est mignonne non ? Tu préfères les blondes ? Magali alors ? L’autre jour elle te matait dans l’amphi, t’es le seul à pas l’avoir vu ou quoi ? Pas Magali ? C’est plutôt quoi ton style alors ?
Florian se retourne vers moi, les bras derrière la tête.
-Mon style ? On va dire, brun, avec les yeux bleus. Pas trop musclé mais avec des épaules carrées. Quoique j’aime beaucoup le type que je croise le matin en passant devant chez le coiffeur. Le nouveau est mignon à croquer.
Pardon ?
-T’es gay ?
-Est-ce que ça te choque ?
-Bien sûr que non, mais je pensais…
-Les nanas, j’ai déjà essayé. Mais moi, mon truc, c’est les mecs.
-Bah ça nous fait un point en commun alors !
-On chasse pas le même gibier ma chère.
-Gibier ? Mais tu es pire qu’Enek !
-Si tu savais…
31 mars 2007
Florian 8
Florian
Jamais vu Enek dans cet état. Complètement ravagé. Vraiment accro !
-Enek, je sais pas vraiment quoi te dire. Mais un conseil, tente pas la manière forte si tu veux te rapprocher d’elle.
Il reste silencieux un moment. Je me lève vaquer à quelques occupations quand j’entends la porte d’entrée. Je passe la tête par la porte pour saluer Sophie qui vient de rentrer.
-Florian !
-Voui ?
-Je l’appelle ou pas ? C’est trop tôt non ? Je l’appelle demain alors ? Pas cette nuit, il va penser que j’ai pas arrêté de penser à lui…
-Précise, je contextualise pas ton histoire là…
-Ce matin, j’ai rencontré un type… il m’a donné son numéro de téléphone. Un sourire à tomber…
-Putain ! Mais c’est la saison des chaleurs pour les nanas ou quoi, s’écrit Enek du salon d’où il n’a pas bougé.
-Et moi ? j’ai une tête de conseiller matrimonial ou quoi ? je ronchonne.
Sophie se retourne vers moi.
-Bah non, mais t’es un mec, et tu sais écouter les filles alors…
-Alors moi je dis, c’est pas normal, Florian, tu dois être homo.
Situation délicate… Moment opportun pour faire son coming out ? Entre un déprimé et une surexcitée ? Pas sûr…
27 mars 2007
Eneko 7
Enek
Une gifle. C’est ce que j’ai réussi à avoir en tentant de l’embrasser. Merde, j’étais accro ou quoi pour me laisser gifler sans réagir ? Je me suis écarté, lentement, et je suis sorti de sa chambre. Je me suis assis dans le salon et un quart d’heure après, j’entendais la porte de l’entrée qui claquait. Elle était partie chez son artiste. Ça m’a fait mal. J’aurais pu lui courir après. Mais à part une nouvelle gifle, je n’aurais pas obtenu grand-chose. Je suis resté planté comme un con dans le salon, jusqu’à ce que Florian rentre à l’appart.
-Lou ne rentrera pas ce soir, a annoncé Florian en posant son sac de cours dans sa chambre. Elle dîne chez Amélie.
-Ah bon, Amélie doit avoir une belle paire de couille alors…
-Pardon ? s’est étonné Florian.
-Elle est chez Damien. Elle est partie y a une demi-heure.
-Ah… Elle m’avait dit qu’elle allait chez son amie…
Florian s’est assis à côté de moi.
-Tu lui as parlé ? Elle te parle à toi, lui ai-je demandé.
-Tu veux qu’elle m’ai dit quoi ? Je ne sais pas si elle sort avec ce type.
-T’as un bon feeling avec les filles. Et Lou, elle t’aime bien. A croire que t’es homo.
Il est resté silencieux.
-Lou, elle n’aime pas que tu l’attaques par derrière. Elle préfère que tu l’écoutes que tu la vannes. Et toi, t’es dans la vanne, à outrance.
24 mars 2007
Lou 7
Lou
JE L’AI EMBRASSE !! Gros remord sur la patate… Pourquoi ? Parce que c’est totalement débile d’embrasser un gars que l’on ne peut pas supporter ! J’ai fuis la cuisine quand il est entré, alors que je me confiais à Florian, j’ai attrapé mon sac, sachant pertinemment qu’il me manquait la moitié de mes cours et je suis allée me réfugier à la fac.
Sur les coups de midi, j’ai eu un message de Damien…
« Si tu es libre ce soir, tu peux passer à l’atelier, j’ai quelques croquis à faire, si tu es d’accord… A + »
Réponse de la cruche que je suis :
« Je serai là vers 19h30. A ce soir »
J’ai décommandé Amélie.
-Ton artiste te demande ? Hum… si c’est pour être la muse de cet Apollon… Cours ma belle !
Le temps de passer très vite à l’appart pour me changer avant de repartir chez Damien, j’espérai ne trouver personne à l’appart. Pas de bol… Le hasard s’acharnait et j’ai croisé Enek.
-Tu sors ce soir ?
-Je vais chez Damien.
-Lou, fais gaffe s’il te plait.
J’ai enlevé mon pull col roulé et j’ai plongé dans mon armoire pour trouver quelque chose de décontracté… tout en étant assez habillé… mais pas trop aguicheur non plus… mais qui laisse la porte ouverte à des commentaires sympathiques… Enek était dans l’encadrement de ma porte, et me regardait jeter mes hauts sur mon lit au fur et à mesure.
-Je ne sais pas qu’elles sont tes intentions Enek, mais si tu voulais tenter quelque chose, il fallait le faire avant.
-Avant que tu rencontres ce type ?
-Oui.
-Je sais qu’il te plait, mais…
-Mais quoi ? Enek, tu peux me laisser me changer ?
Je me suis retournée, j’ai enlevé mon T-shirt et j’ai entendu la porte se refermer. Sauf que Enek était à l’intérieur de ma chambre.
-Enek, qu’est ce que tu fous ?
-Je réponds à ce que tu m’as dit hier.
Il s’est approché et m’a pris par la taille pour m’embrasser.
-Enek ! Eloigne-toi !
Sans savoir comment, la gifle est partie. Il m’a lâché tout de suite et recule, en me regardant dans les yeux.
-Alors tu as le droit de m’embrasser comme ça, et moi non ?
Je tremble un peu.
-Je… je n’avais pas réfléchi. C’était idiot de ma part.
Il se rapproche de moi.
-Moi j’ai bien aimé.
-Enek, j’ai rendez-vous avec Damien ce soir. Laisse moi me changer s’il te plait.